À hauteur d'œil
À hauteur d'œil réunit des portraits d'oiseaux de Guadeloupe peints au pochoir. Ils ne sont pas représentés comme des symboles lointains, mais comme des présences proches, presque frontales. En plan serré, légèrement débraillés, fragiles sans être plaintifs, ils semblent surgir dans notre champ de vision pour provoquer une rencontre.
L'humain n'apparaît pas directement, mais il est partout suggéré par le regard. L'œil de l'oiseau devient un point de bascule : il nous observe autant que nous l'observons, et renvoie à notre manière de voir la nature, de la tenir à distance, de l'admirer parfois, mais aussi de l'ignorer ou de l'abîmer. Le pochoir agit comme un langage de condensation : formes simplifiées, contrastes assumés, détails ramenés à l'essentiel. La série ne dresse ni inventaire naturaliste ni discours militant, elle pose une question : que voyons-nous encore lorsque nous regardons le vivant ? Que choisissons-nous de ne pas voir ?